jeudi 11 décembre 2008

FABLE



L IVROGNE ET SA FEMME :


Chacun a son défaut où toujours il revient,

Honte ni peur n'y remédie

Sur ce propos, d'un conte il me souvient

Je ne dis rien que je n'appuie

De quelques exemples.Un suppôt de Bacchus

Altérait sa santé, son esprit et sa bourse,

Tels gens n'ont pas fait la moitié de leur course

Qu'ils sont au bout de leurs écus.

Un jour que celui-ci, plein du jus de la treille,

Avait laissé ses sens au fond d'une bouteille,

Sa femme l'enferma dans un certain tombeau,

Là, les vapeurs du vin nouveau,

Cuvèrent à loisir. A son réveil, il trouve

L'attirail de la mort àl'entour de son corps :

Un liminaire, un drap des morts.

"Oh ! dit-il, qu'est-ceci ? Ma femme est-elle veuve ?"

Là dessus son épouse, en habit d' Ale'ction,

Masquée, et de voix contrefaisant le ton,

Vient au prétendu mort, approche de sa bière

Lui présente un chaudron propre pour Lucifer,

Quelle personne est-tu ? dit-il à ce fantôme.

La Céllèrière du royaume

De SATAN , reprit-elle, et je porte à manger

A ceux qu'en clôt la tombe noire"

Le mari repart sans songer :


"Tu ne leur porte point à boire ? "



Qui a bu, boira !

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